Éléments de définition

… DU BOUDDHISME

Le bouddhisme est, selon le point de vue, une religion, une philosophie voire les deux, dont les origines se situent en Inde, au Ve siècle av. J.-C., à la suite de l’éveil de Siddhârta Gautama et de la diffusion de son enseignement. Il présente un ensemble ramifié de pratiques méditatives, de rituels religieux (prières, offrandes…), de pratiques éthiques, de théories psychologiques, philosophiques, cosmogoniques et cosmologiques, abordées dans la perspective de la bodhi, c’est-à-dire de la « délivrance », de « l’illumination » ou de l’état d’« éveil ». Le bouddhisme est donc issu des enseignements de Siddhârta Gautama (« l’éveillé »), considéré comme le bouddha historique. C’est une voie individuelle dont le but est l’éveil, par l’extinction du désir égotique et de l’illusion, causes de la souffrance de l’homme. L’éveil est une base à l’action altruiste.
Quant au bouddhisme tibétain, c’est une branche du bouddhisme qui s’est développée au Tibet, à partir du VIIe siècle. Il comporte les trois véhicules du bouddhisme : le Hinayana, le Mahayana et le Vajrayana.

  • Le bouddhisme Hinayana (ou « Petit Véhicule ») regroupe un ensemble d’écoles bouddhiques traditionalistes dans lesquelles la perspective de libération est individuelle, alors qu’elle est fondée sur les principes altruistes dans le Mahayana.
  • Le bouddhisme Mahayana (ou « Grand Véhicule ») ne se limite pas aux seuls écrits du Bouddha historique (la « première roue ») mais s’appuie aussi sur des textes postérieurs (la « deuxième roue »). Il oppose à la rigueur du « Petit Véhicule » la compassion et l’intercession par les bodhisattvas, dont la sagesse personnelle est utilisée pour venir en aide à autrui. Le pratiquant doit tendre vers un certain nombre de qualités représentées par des déités (comme Vairocana, par exemple) afin de développer les causes qui vont permettre d’élargir sa conscience et d’établir l’être dans des actes libérateurs de l’attachement au concept du moi.
  • Le bouddhisme Vajrayana (ou « Véhicule de Diamant ») conserve quant à lui des reliquats importants d’hindouisme, de chamanisme bön et de tantrisme. Il présente la particularité d’utiliser, comme supports de pratiques, un panthéon de « divinités » multiples : bouddhas, protecteurs ou gardiens et bodhisattvas, souvent interprétés par les laïcs comme des déités. Ses préceptes permettraient aux disciples d’accéder au nirvana en une seule vie au moyen d’une discipline codifiée et de pratiques issues des tantras : répétition de mantras, vénération de maîtres autres que le Bouddha et une méditation très développée, faisant intervenir, entre autres, la visualisation (représentation mentale) des déités et de leurs mandalas.
    Le bouddhisme tibétain est essentiellement une forme de Vajrayana.

Le Dharma. Le Dharma est l’ensemble des enseignements donnés par le Bouddha mais la définition du terme peut changer sensiblement en fonction du contexte et peut signifier « ce qui est établi », « la loi naturelle », « la loi juridique », « le devoir », « l’enseignement », « l’essence de toute chose » voire « l’ensemble des normes et lois, sociales, politiques, familiales, personnelles, naturelles ou cosmiques ».

Les 3 joyaux
Les 3 joyaux

Les Trois Joyaux. Dans le bouddhisme, « prendre refuge dans les Trois Joyaux » : le Bouddha, le Dharma (l’ensemble des enseignements) et le Sangha (l’ensemble des pratiquants) est une cérémonie par laquelle on devient bouddhiste.

Le Sangha. Le Saṅgha est la communauté des adeptes, de ceux qui suivent l’enseignement du Bouddha. C’est un des trois lieux de refuge. On distingue le « Noble Saṅgha », constitué des êtres ayant atteint un haut niveau de libération, et le Saṅgha ordinaire, comportant tous les êtres suivant la voie du Bouddha. Le terme est communément utilisé pour désigner des réunions bouddhistes.

Les Quatre Nobles Vérités. Les Quatre Nobles Vérités indiquent ce qu’il est essentiel de savoir pour un bouddhiste. Elles énoncent le problème de l’existence, son diagnostic et le traitement jugé adéquat :

    • la vérité de la souffrance : toute vie implique la souffrance, l’insatisfaction ;
    • la vérité de l’origine de la souffrance : elle repose dans la soif, le désir, les attachements ;
    • la vérité de la cessation de la souffrance : la fin de la souffrance est possible ;
    • la vérité du chemin : le chemin menant à la fin de la souffrance est la voie médiane, qui suit le Noble Chemin octuple.

Les Trois Poisons. Le bouddhisme considère qu’il existe trois poisons pour l’esprit :

      1. la soif ou l’avidité ;
      2. la colère ou l’aversion ;
      3. l’ignorance.

Certaines écoles en ajoutent deux : la jalousie et l’orgueil. Selon le Bouddha, les causes de la souffrance humaine peuvent être trouvées dans l’incapacité à voir correctement la réalité. Cette ignorance et les illusions qu’elle entraîne conduisent à l’avidité, au désir de posséder davantage que les autres, à l’attachement et à la haine pour des personnes ou des choses. Sa philosophie affirme que la souffrance naît du désir ou de l’envie. C’est en s’en libérant qu’il serait parvenu au nirvana.

La Roue du Dharma
Roue du Dharma ou Dharmachakra dont les 8 rayons représentent le Noble Chemin octuple

Le Noble Chemin octuple. Les huit membres du Noble Sentier octuple sont :

      1. la compréhension juste ;
      2. la pensée juste ;
      3. la parole juste ;
      4. l’action juste ;
      5. le mode de vie juste ;
      6. l’effort juste ;
      7. l’attention juste ;
      8. la concentration juste.

Au lieu de « juste », on lit parfois « complet » ou « total ».

Les Quatre Incommensurables. Les quatre conduites ou sentiments pieux sont appelés ainsi car ils pourraient être développés indéfiniment. Cultivées sans l’intention de mener tous les êtres à la libération ultime, ces quatre intentions ou « qualités morales » conduisent à une renaissance dans le monde céleste de Brahmâ ; développées avec le désir de mener tous les êtres à la libération ultime, les quatre conduites deviennent alors « incommensurables » et conduisent à « l’éveil parfait » :

      1. la bienveillance ou fraternité ;
      2. la compassion, née de la rencontre de la bienveillance et de la souffrance d’autrui ;
      3. la joie sympathique ou altruiste, qui consiste à se réjouir du bonheur d’autrui ;
      4. l’équanimité ou tranquillité, qui va au-delà de la compassion et de la joie sympathique, est un état de paix face à toute circonstance, heureuse, triste ou indifférente.

ÉTHIQUE BOUDDHISTE ET PRÉCEPTES

Dans le bouddhisme, l’éthique est basée sur le fait que les actions du corps, de la parole et de l’esprit ont des conséquences pour nous-mêmes et pour ce qui nous entoure, les autres comme notre environnement. Il existe deux sortes d’actions : les actions favorables ou positives et les actions défavorables, négatives. L’éthique bouddhiste propose donc à l’être humain de prendre conscience des états d’esprit dans lesquels il se trouve et à partir desquels il agit, parle et pense et à devenir ainsi responsable, tant de ses états d’esprit que des conséquences de ses actions. La pratique de l’éthique est donc une purification du corps, de la parole et de l’esprit. Elle se décline sous forme de préceptes – les cinq préceptes et les dix préceptes sont les plus fréquemment rencontrés – qui ne sont pas des règles absolues mais des principes, des guides de comportement éthique. Ces préceptes sont le plus souvent présentés sous une forme négative, en tant qu’entraînement à ne pas faire quelque chose, mais les textes canoniques font aussi référence à leur formulation positive en tant qu’entraînement à faire le contraire.

Les cinq préceptes, communs à tous les bouddhistes (laïcs et moines) de toutes les traditions, sont :

    1. s’efforcer de ne pas nuire aux êtres vivants ni prendre la vie (le principe de « non-violence ») ;
    2. s’efforcer de ne pas prendre ce qui n’est pas donné ;
    3. s’efforcer de ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte (plus généralement, garder la maîtrise des sens) ;
    4. s’efforcer de ne pas user de paroles fausses ou mensongères ;
    5. s’efforcer de s’abstenir d’alcool et de tous les intoxicants.

Les dix préceptes, dont la formulation peut prendre différentes formes, se retrouvent dans plusieurs textes canoniques.

    1. S’efforcer de ne pas nuire aux êtres vivants, ni de retirer la vie
    2. S’efforcer de ne pas prendre ce qui n’est pas donné
    3. S’efforcer de ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte
    4. S’efforcer de ne pas user de paroles fausses ou mensongères
    5. S’efforcer de ne pas user de paroles dures ou blessantes
    6. S’efforcer de ne pas user de paroles inutiles
    7. S’efforcer de ne pas user de paroles calomnieuses
    8. S’efforcer de ne pas avoir de convoitise
    9. S’efforcer de ne pas user d’animosité
    10. S’efforcer de ne pas avoir de vues fausses

Et sous leur forme positive :

    1. Avec des actions bienveillantes, je purifie mon corps.
    2. Avec une générosité sans réserve, je purifie mon corps.
    3. Avec calme, simplicité et contentement, je purifie mon corps.
    4. Avec une communication véritable, je purifie ma parole.
    5. Avec des paroles utiles et harmonieuses, je purifie ma parole.
    6. Avec des mots bienveillants et gracieux, je purifie ma parole.
    7. Abandonnant la convoitise pour la tranquillité, je purifie mon esprit.
    8. Changeant la haine en compassion, je purifie mon esprit.
    9. Transformant l’ignorance en sagesse, je purifie mon esprit.

Dans cette formulation positive, les 6e et 7e préceptes « négatifs » sont regroupés en un seul.

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