La lignée KAGYÜ

… DU BOUDDHISME TIBÉTAIN

Portrait officiel du Karmapa, 2017
Portrait officiel du Karmapa, 2017

« Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit. C’est un mode de vie très particulier car c’est une façon d’atteindre le bonheur sans nuire à autrui. »
Trinlé Thayé Dorjé, 17e Gyalwa Karmapa

Les derniers détenteurs de la lignée Karma Kagyü

SS le 17e Gyalwa Karmapa, Trinley Thayé Dorjé
SS le 17e Gyalwa Karmapa, Trinley Thayé Dorjé
SE le 14e Shamarpa, Mipham Cheukyi Lodreu
SE le 14e Shamarpa, Mipham Cheukyi Lodreu
Kunzig Shamar Rinpoché a quitté son corps le 11 juin 2014, à l’âge de 62 ans.
SS le 16e Gyalwa Karmapa, Rangjoung Rigpei Dordjé (1924-1981)
SS le 16e Gyalwa Karmapa, Rangjoung Rigpei Dordjé (1924-1981)
Lama Guendune Rinpoché (1918-1997)
Lama Guendune Rinpoché (1918-1997)
Fondateur des centres de Dhagpo Kagyu Ling en Dordogne et de Dhagpo Kundreul Ling en Auvergne
Lama Jigmé Rinpoché
Lama Jigmé Rinpoché est, depuis 1975, le représentant du Gyalwa Karmapa en Europe.

La lignée Kagyü dite du « Rosaire d’Or »

Thangka représentant l’arbre de refuge de l’école Kagyü et les détenteurs de la lignée.
Thangka représentant l’arbre de refuge de l’école Kagyü et les détenteurs de la lignée.

Karma-Kagyü ou Kamtsang-Kagyü est l’une des plus importantes branches de l’école Kagyü du bouddhisme tibétain et la mieux implantée en dehors des régions himalayennes. Avec le Karmapa à sa tête, la lignée du Rosaire d’Or est une succession ininterrompue de maîtres et de disciples Karma-Kagyü remontant au bouddha Vajradhara.
La lignée Kagyü insiste sur la continuité des instructions orales transmises de maître à disciple. Cette emphase est reflétée dans la signification littérale de « Kagyü » :

    • la première syllabe, « ka », se rapporte aux textes des enseignements du Bouddha et aux instructions orales du Maître. « Ka » a le double sens de la signification éclairée donnée par les paroles du professeur aussi bien que la force que de telles paroles de perspicacité portent ;
    • la deuxième syllabe, « gyu », signifie la lignée ou la tradition.

L’ensemble de ces syllabes signifie « la lignée des instructions orales ».

Les anciens dans la lignée Kagyü forment « le Rosaire d’Or » :

Vajradhara – Tilopa (988-1069) – Naropa (1016-1100) – Marpa (1012-1097) – Milarépa (1052-1135) – Gampopa (1079-1153) – Le 1er Karmapa, Düsum Khyenpa (1110-1193) – Drogön Rechen (1148-1218) – Pomdrakpa (1170-1249) -Le 2e Karmapa, Karma Pakshi (1204-1283) – Droubtob Urgyenpa ou Droubtob Orgyenpa (1230-1312) – Le 3e Karmapa, Rangjung Dorje (1284-1339) – Gyalwa Jungtonpa ou Gyalwa Yungtönpa (1296-1376) – Le 4e Karmapa, Rolpe Dorje (1340-1383) – Le 2e Shamar Rinpoché, Kachö Wangpo (1350-1405) – Le 5e Karmapa, Deshin Shekpa (1384-1415) – Ratnabhadra (XVe siècle) – Le 6e Karmapa, Thongwa Dönden (1416-1453) – Bengar Jampel Zangpo ou Bengar Jampal Sangpo (XVe/XVIe siècles) – Le 1er Gyaltsab Rinpoché, Paljor Döndroup (1427-1489) – Le 7e Karmapa, Chödrak Gyatso (1454-1506) – Sangye Nyenpa, Tashi Paljor (1457-1525) – Le 8e Karmapa, Mikyö Dorje (1507-1554) – Le 5e Shamar Rinpoché, Könchog Yenlag (1526-1583) – Le 9e Karmapa, Wangchuk Dorje (1556-1603) – Le 6e Shamar Rinpoché, Chökyi Wangchouk (1584-1629) – Le 10e Karmapa, Chöying Dorje (1604-1674) – Le 7e Shamar Rinpoché, Yeshe Nyingpo (1631-1694) – Le 11e Karmapa, Yeshe Dorje (1676-1702) – Le 8e Shamar Rinpoché, Chökyi Döndroub (1695-1735) – Le 12e Karmapa, Changchub Dorje (1703-1732) – Le 8e Taï Sitou Rinpoché, Chökyi Jungne (1700-1774) – Le 13e Karmapa, Dudul Dorje (1733-1797) – Le 10e Shamar Rinpoché, Mipham Chödroup Gyamtso (1742-1792) – Le 9e Taï Sitou Rinpoché, Pema Nyinche Wangpo (1774-1853) – Le 14e Karmapa, Thekchok Dorje (1798-1868) – Le 1er Jamgon Kongtrul Rinpoché, Lodrö Thaye (1813-1901) – Le 15e Karmapa, Khakyab Dorje (1871-1922) – Le 11e Taï Sitou Rinpoché, Pema Wangchog (1886-1952) – Le 2e Jamgon Kongtrul Rinpoché, Khyentse Euser (1904-1953) – Le 16e Karmapa, Rangjung Rigpe Dorje (1924-1981) – Le 17e Karmapa Trinley Thayé Dorjé (né en 1983)

Religion, spiritualité ou philosophie ?

S’abstenir de tout acte nuisible, cultiver ce qui est bénéfique et maîtriser son esprit, tel est l’enseignement du Bouddha. Bien que son organisation réponde aux critères qui définissent les religions, le bouddhisme constitue essentiellement une voie spirituelle sans dieu et non-dogmatique. Il est parfois défini comme une « science de l’intérieur », dans le sens d’un chemin de compréhension et de transformation de l’individu. Le bouddhisme est né avec le Bouddha en Inde, il y a 2 600 ans.

Cette voie spirituelle s’organise autour de 3 dimensions qui se soutiennent l’une l’autre, également appelées les 3 entraînements :

      1. l’éthique. L’éthique permet d’organiser la vie tant individuelle que collective ; elle est fondée sur le respect de soi et la considération envers les autres.
      2. la méditation. La méditation rassemble un ensemble de disciplines qui permettent de pacifier l’esprit. Elle ouvre sur un autre mode de connaissance, à travers l’actualisation du potentiel présent en chacun.
      3. le discernement. Le discernement consiste en un ensemble de réflexions et d’analyses de la réalité. Fondé sur des raisonnements qui se déploient en différents systèmes philosophiques, il permet la compréhension du monde et des êtres.
Les valeurs du bouddhisme

L’objet de la démarche bouddhiste est de se libérer des fonctionnements qui génèrent la souffrance à un niveau relatif et, ultimement, de percevoir la réalité telle qu’elle est. Selon les régions du monde où il s’est déployé, le bouddhisme s’est adapté aux cultures dans lesquelles il s’est immergé et les a irriguées des valeurs qui lui sont propres. Nous pouvons entre autres citer : la bienveillance et la sagesse (l’intelligence des situations) ; la responsabilité en relation avec l’interdépendance des êtres et des phénomènes ; l’éthique, la tolérance et la non-violence ; le développement de la richesse intérieure… Le pratiquant bouddhiste s’efforce d’incarner ces valeurs au quotidien.

Le bouddhisme tibétain et les lignées

Né en Inde, le bouddhisme s’est diffusé au Tibet à partir du VIIIe siècle et s’y est profondément enraciné, tandis qu’il disparaissait de sa terre d’origine au XIIe siècle. C’est ainsi que le Tibet s’est trouvé dépositaire de l’ensemble des enseignements philosophiques et des techniques de méditation couvrant la totalité de la pensée bouddhique.
Suite à la conversion du roi Trisong Detsen au VIIIe siècle, l’enseignement des maîtres indiens Guru Rinpoché et Santarakshita, invités au Tibet, ainsi que la première traduction des textes bouddhistes donnèrent lieu à la tradition Nyingma, première lignée de transmission.
Après la seconde période de traduction au XIe siècle, naquirent au Tibet les lignées Kagyü, sous l’impulsion du traducteur Marpa, et Sakya, fondée par Khön Könchog Gyalpo.
La dernière des quatre principales « écoles » du bouddhisme tibétain, la lignée Gelug, apparut au XIVe siècle autour de Tsongkhapa.

Notre lignée : la lignée Karma Kagyü

La lignée Karma Kagyü est l’une des quatre écoles principales du bouddhisme tibétain. Lignée de transmission orale directe, elle met particulièrement l’accent sur la méditation et, grâce à une interaction avec un maître qualifié, permet d’atteindre la pleine expérience directe de la nature de l’esprit. Les méthodes Karma Kagyü furent enseignées par le Bouddha historique Shakyamouni à ses élèves les plus proches. Puis ces méthodes furent transmises grâce à de célèbres maîtres bouddhistes indiens (Padmasambhava, Tilopa, Naropa, Maitripa) et de grands yogis tibétains comme Marpa et Milarépa. Au XIIe siècle, le moine Gampopa transmit les enseignements au 1er Karmapa, dont les réincarnations successives ont permis de conserver jusqu’à nos jours leur caractère vivant et puissant.
De nos jours, le 17e Gyalwa Karmapa Trinley Thayé Dordjé et ses représentants transmettent cette tradition ininterrompue lorsqu’ils rendent visite aux nombreux centres bouddhistes de la Voie de Diamant Karma Kagyü dans le monde entier.

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